Monosupport : support en euros

L'assurance vie placée sur compte monosupport, c'est-à-dire un support en euros possède l'avantage de garantir le capital investi (hors frais d'entrée et de gestion) ainsi que de sécuriser les intérêts annuels acquis par l'effet de cliquet : tout capital qui entre sur le compte est bloqué et ne peut se dévaloriser. Les sommes versées peuvent l'être sur un actif cantonné ou regroupées au sein de l'actif général de la compagnie. De manière générale, que ce soit pour un actif cantonné ou un placement à l'actif général, les sociétés d'assurance placent l'argent versé sur ces comptes dans les obligations d'État qui ne présentent pas de grands risques. Le rendement de ce contrat dépend principalement du taux d'intérêt technique, garanti ou non, mais le rendement d'un contrat en euros dépend aussi de la participation aux bénéfices consenties par la société d'assurance.


Taux d'intérêt technique
Le taux d'intérêt technique est le taux sur lequel s'engage la société d'assurance pour toute la durée du contrat. C'est le taux minimum que la société d'assurance doit obtenir pour respecter ses engagements envers les souscripteurs. Pour ne pas entrer dans l'exagération de la part des sociétés d'assurance au regard de ce taux, il est plafonné à 3,50 % ou à 60 % du Taux Moyen des emprunts d'État (TME) selon la valeur la plus basse. Actuellement, le taux d'intérêt technique dépend du TME et est de l'ordre de 2,50 %. 

Participation aux bénéfices
Les bénéfices de la société d'assurance sont de types différents selon leur provenance. Ils peuvent être comptabilisés toutes les quinzaines, tous les mois, tous les trimestres voire tous les ans.

  • Bénéfices financiers : ils sont issus de la rentabilité des placements de la société d'assurance. Ces bénéfices doivent être redistribués à hauteur d'au moins 85 % aux souscripteurs des contrats au sein de cette société d'assurance.

  • Bénéfices techniques : ces bénéfices sont directement liés aux opérations de gestion de risque opérées par la société d'assurance. Si la société d'assurance perçoit plus de primes qu'elle ne dédommage ses assurés, elle réalise alors des bénéfices. Ces bénéfices varient naturellement et peuvent même être négatifs dans certaines situations. Ils doivent être redistribués à hauteur de 90 % aux souscripteurs des contrats.

  • Bénéfices administratifs: ces bénéfices dépendent essentiellement de gestion de la société puisqu'il s'agit de la différence entre les frais prélevés au souscripteur par la société pour les différentes opérations à réaliser et les frais réellement engagés. Plus la société d'assurance est à même de pratiquer une gestion des coûts efficace, plus les bénéfices administratifs dégagés sont accrus.

Une fois la part de bénéfices obligatoire reversée aux souscripteurs, libre à la société de choisir entre verser plus que cette part obligatoire aux souscripteurs, garder les fonds comme réserve pour effectuer des investissements plus risqués ou encore reverser le solde de ces bénéfices aux actionnaires de la société.


Taux de rendement garanti
Ce taux correspond non seulement au taux d'intérêt technique garanti mais inclut également une partie de la participation aux bénéfices pour garantir au souscripteur un taux de rendement minimum plus élevé que le taux d'intérêt technique. L'offre de l'assureur est toutefois réglementée par le code des assurances afin d'éviter une compétition trop accrue entre les différentes sociétés d'assurance. Sur un an, la taux garanti ne peut donc pas être supérieur à 85 % de la moyenne des taux de rendement des deux années précédentes.

Suite à certains problèmes de présentation des taux minimum garanti ayant abusé les souscripteurs, le Groupement des Assurances de Personnes (GAP) a demandé la présentation des taux d'intérêts nets de frais de gestion annuels mais sans la prise en compte des prélèvements sociaux, et que l'épargne concernée par ce taux minimum garanti soit clairement spécifiée.

Rendements moyens
La moyenne de rendements pour les comptes avec support en euros se situe entre 2,5 et 5 % pour 2007 après prélèvement des frais de gestion. Ces performances sont toutefois à relativiser avec la prise en compte de l'inflation.
L'épargne sur un monosupport en euros repose cependant beaucoup sur le principe de l'inertie : les rendements dégagés correspondent généralement également à ceux qui seront dégagés dans le futur. Si le rendement est bon, le souscripteur n'y verra sans doute aucun inconvénient mais si celui-ci est médiocre, il n'a guère à espérer de son contrat. De plus, l'épargne étant monosupport, il n'est pas possible de rediriger les montants versés vers des supports plus bénéfiques.

 

Prélèvements sociaux
Le côté négatif de ce placement réside dans les prélèvements sociaux effectués sur les intérêts qui réduisent significativement les gains de l'épargne. Pour information, même si ces prélèvements varient d'une année sur l'autre, ils se situaient à hauteur de 11 % en 2007 et la tendance est à la hausse ces dernières années pour combler les problèmes d'équilibre budgétaire des organismes sociaux (voir prélèvements sociaux).